Le journal à partir duquel sont tirés les témoignages de Rachid Kacem s’inscrit dans une démarche légitime de recherche de la vérité historique que certains hagiographes en ont sciemment dévoyé le sens et la portée. Coïncidant avec la période de tergiversations sociopolitiques prérévolutionnaires que vit actuellement la Tunisie martyre, Devoir de mémoire tombe à point nommé pour apporter une précieuse contribution à la réécriture de cette période de son histoire dans le l’espoir que les citoyennes et citoyens tunisiens d’aujourd’hui puissent tirer une grande fierté de leur histoire commune, des sacrifices consentis par leurs ascendants et de l’exemplarité des rapports d’entraide et de complicité qui existaient entre toutes les régions du pays… Il s’agit aussi d’un témoignage saisissant, ponctué souvent par une description de Tunis et de plusieurs autres villes, qui retrace progressivement l’évolution sociale et politique de la Tunisie, et rend un vibrant hommage à nos nombreux leaders tombés sur le champ de bataille et envers qui nous devons respect et reconnaissance posthumes…
Contrevérités : Monarchie – Protectorat – République Quand notre histoire a vacillé
22,00 €Republié dans sa nouvelle version, Contrevérités n’est ni une chronique nostalgique ni une relecture complaisante du passé. Cet ouvrage s’impose comme un acte de lucidité historique, nourri par l’expérience directe d’un homme qui a vécu, en témoin oculaire, les grandes mutations de la Tunisie contemporaine.
De la monarchie husseinite finissante aux ambiguïtés du protectorat, puis à l’instauration de la République, Rachid Kacem interroge les fondements mêmes de la construction de l’État tunisien. Il met en lumière, avec rigueur, la manière dont les ruptures proclamées ont souvent dissimulé de profondes continuités : concentration du pouvoir, spoliations foncières, marginalisation du monde rural, éloignement progressif du peuple des lieux de décision.
Sans esprit de revanche, l’auteur remonte aux racines du système afin de comprendre les glissements successifs ayant conduit à une fracture durable entre l’État et la société. Le récit s’achève volontairement sur les événements du 26 janvier 1978, point de rupture majeur et révélateur d’une crise longtemps contenue.
Contrevérités rappelle ainsi que l’histoire d’un peuple ne se décrète pas, ne s’édulcore pas et ne se confisque pas sans conséquences.
Un témoignage essentiel pour comprendre, aujourd’hui encore, les impasses politiques et sociales de la Tunisie.
« La notion d’État, lorsqu’elle agit contre les intérêts de ses ressortissants, devient un pléonasme. »
Rachid Kacem
