Notre histoire

Un journal légué par un père, une promesse tenue : comment est née KA’ Éditions.

Tout a commencé par un cahier. Celui qu’un père tenait depuis 1938, et qu’il confia un jour à son fils.

1938
Le journal de Rachid Kacem, commencé en 1938

Un nom, un homme

Rachid Kacem (1918-1986), « KA’ »
Rachid Kacem (1918-1986), « KA’ »

KA’, ce sont les deux premières lettres de Kacem. C’est surtout le surnom affectueux que toute la famille donnait à Rachid Kacem (1918-1986). Homme de convictions, témoin attentif de la Tunisie de son temps, proche de l’entourage de Moncef Bey, il a tenu pendant des décennies un journal où il consignait tout : ses idées, ses colères, les grands événements de son pays.

Le cadeau de mes vingt ans

Le jour de mes vingt ans, mon père m’a annoncé qu’il me léguait ce journal. Sans cérémonie. Je n’ai compris que bien plus tard ce qu’il me confiait : pas seulement des pages manuscrites, mais une mémoire, une liberté de pensée, une responsabilité.

Papa – mercredi
Cent heures de souvenirs enregistrés en 1985

En 1985, j’ai commencé à l’enregistrer chaque mercredi pour garder ses souvenirs. Près de cent heures de témoignage… aujourd’hui perdues. J’ai appris ce jour-là combien la mémoire est fragile.

« Trop libre pour être publié »

REFUSÉ
« Trop libre pour être publié »

Après sa disparition, en 1986, j’ai voulu faire paraître son journal. Les refus se sont enchaînés : trop virulent, trop tranché, trop libre. À Paris, un éditeur a promis, encaissé, puis n’a pas tenu parole. Ce qui faisait la valeur de ces écrits devenait justement l’obstacle à leur publication.

2013 : faire ce que personne ne voulait faire

Hichem Kacem et Leila Ben Cheikh, « Lou »
Hichem Kacem et Leila Ben Cheikh, « Lou »

Puisque personne ne voulait publier librement mon père, nous avons créé notre propre maison. En 2013, avec Leila Ben Cheikh, « Lou », ma regrettée épouse, j’ai quitté un poste confortable dans une multinationale pour fonder KA’ Éditions. Mon entourage trouvait cela déraisonnable. Il n’avait pas tout à fait tort.

Mais j’avais une promesse à tenir. Cinq livres de mon père ont paru, dont son journal, publié entre 2015 et 2017. Une dette enfin honorée.

Aujourd’hui : des voix libres

L’histoire ne s’est pas arrêtée là. KA’ Éditions s’est ouverte à des autrices et des auteurs indépendants, souvent à contre-courant, qui ne pensent pas tous la même chose — et c’est voulu. Une maison indépendante n’est pas une fabrique d’opinions : c’est un lieu où les idées se présentent, se confrontent et se discutent.

Histoire, Tunisie, géopolitique, spiritualité, romans et témoignages : chaque livre de notre catalogue porte cette même exigence.

La pensée sans chaînes…

La pensée sans chaînes…

Treize ans plus tard, malgré les difficultés, nous continuons. Pour nos auteurs, pour nos lecteurs. Et pour un homme qui écrivait librement.

« Papa, je n’ai pas oublié. »
Hichem Kacem, fondateur de KA’ Éditions